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La Banque centrale européenne vient d’annoncer un plan de soutien économique de 750 milliards d’euros. Par «soutien», la BCE comprend que la BCE s’est engagée à acheter de nouvelles dettes de – 0,75% pour racheter toutes les dettes qui lui sont présentées: dette souveraine, dite dette souveraine et dette privée. Nous lisons correctement: 750 milliards ne pas soutenir l’activité économique par le biais de programmes d’investissement ambitieux ou d’incitations à augmenter les salaires ou à contribuer à la construction de systèmes sociaux favorables aux travailleurs; non juste pour racheter la dette. Et c’est aussi une fausse annonce, car le Fonds européen de stabilité dispose déjà de 700 milliards d’euros! Mais en plus des 750 milliards de dollars accumulés avec les 120 milliards approuvés le 12 mars, il y a 3 000 milliards de dollars de liquidités supplémentaires grâce aux opérations de refinancement avec un taux d’intérêt négatif de – 0,75%, ce qui signifie que les banques toucheront de l’argent pour emprunter !!

Les États et les entreprises se noient dans la dette: nous le savions déjà. Mais c’est bien l’Union européenne, l’orthodoxie monétaire et l’ordolibéralisme allemand qui ont contraint les États à se financer sur les marchés financiers. Cela signifie que la finance, comme en 2008, est le maître de la politique pour dicter sa loi.

Bien avant la crise sanitaire de Covid 19, la très forte dette des entreprises avait alarmé certains économistes et quelques politiciens. Pour freiner une crise qui l’a provoquée, mais dont elle ne veut pas endurer les conséquences, le financement s’est engagé dans une spirale baissière des taux d’intérêt jusqu’à atteindre des taux négatifs. Les entreprises sont lourdement endettées et surtout pour racheter leurs actions.

La Commission européenne, organe bureaucratique dédié au financement et politiquement irresponsable, avait déjà annoncé la création d’un fonds spécial d’une valeur de 25 milliards d’euros pour soutenir l’économie – c’est-à-dire les banques – du continent. En réalité, il ne s’agissait que de détourner des fonds européens existants, dont les États ne pouvaient pas recevoir les subventions en raison de la complexité administrative. La bureaucratie est probablement un mot faible.

La Commission européenne indique que ces fonds seront utilisés pour les systèmes de santé, mais bien sûr pas pour la reconstruction des systèmes de santé publique. Comment faire confiance Cette Commission européenne a demandé aux États membres de réduire les dépenses médicales et de privatiser les services de santé au moins 63 fois entre 2011 et 2018 ? En route vers le marché du travail: sans plus de détails, mais probablement pour financer des accords précaires sous prétexte de lutter contre le chômage; et, bien entendu, la Commission acceptera d’être plus flexible dans l’aide publique aux entreprises qui, comme tous les programmes d’aide, apportera des bénéfices et des dividendes sous quelque forme que ce soit. Rappelons que les entreprises européennes ont été maîtres des dividendes en 2019, avec un versement en 2020 au plus fort de la crise sanitaire: 359 milliards d’euros et un rendement exceptionnel de 3,7%significativement plus élevé qu’aux États-Unis. En France, les sociétés du CAC 40 ont versé aux actionnaires plus de 60 milliards d’euros entre dividendes et rachats d’actions (les 300 milliards d’euros restants pour l’ensemble des sociétés).

Passons en revue les décalages: le gouvernement français vient d’annoncer un plan d’urgence pour la recherche sur le Covid-19 de 50 millions d’euros; En 2020, SANOFI distribuera des dividendes de 3,8 milliards d’euros.

En fait, la BCE verse constamment des liquidités dans les banques

Cela se produit vraiment avec les plans de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne: la survie du capitalisme spéculatif, rempli de liquidités presque gratuites. Car la vérité est: comme en 2008, les banques sont impliquées dans des opérations spéculatives financées par de l’argent simple. Ils ont créé d’énormes bulles spéculatives qui, selon eux, éclatent maintenant en plein visage. Surtout, ces banques et toutes les institutions financières craignent que la colère de la population ne les emporte lorsqu’elles seront informées des événements de 2008: Ah, la pandémie est la bienvenue!

Lorsqu’il s’agit de soutenir l’activité économique, Ces dispositions sont totalement inutiles. Un certain nombre de mesures ont déjà été annoncées pour éviter la faillite d’entreprises par les différents Etats ou même par les autorités locales: moratoire sur l’endettement bancaire, report du paiement des cotisations sociales, financement d’activités partielles, report des paiements, impôts, Prêts de la Banque Publique d’Investissement (BPI) sans garantie personnelle, garantie gouvernementale de 300 milliards de nouveaux prêts aux entreprises….

Pour le moment, il s’agit de soutenir les hôpitaux publics et de payer les salaires. Si l’Union européenne était autre chose qu’un cartel d’intérêts financiers, elle devrait principalement procéder comme suit:

  • Création d’un fonds de soutien à l’activité et au développement de toutes les formations sanitaires publiques. 870 milliards semblent initialement un bon chiffre;
  • mettre en place une caisse salariale,
  • Affectation aux services publics de l’emploi chargés du paiement des salaires. 3000 milliards – évidemment remboursés plus tard – est un bon début, car aucun centime ne devrait manquer dans les salaires des travailleurs.

Mais l’Europe supranationale des grandes entreprises ne fera pas cela. L’urgence pour les personnes et les travailleurs est de sortir de cette « Union européenne » meurtrière.

Par Michel Cohen, chef de la commission économique de la FRPC

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/pas-un-centime-pour-les-banques-tout-largent-pour-les-services-publics-de-sante-et-pour- Travailleur /




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