Incitation fiscale, baisse des taux, mesures ciblées: Face à la pollution de l’économie avec le nouveau coronavirus, les gouvernements et les banques centrales du monde entier gèrent une variété de médicaments, en fonction de leur situation … et de leurs capacités.

États-Unis

La Banque centrale américaine a annoncé mardi qu’elle étendrait les facilités de crédit aux entreprises et aux ménages. La Fed offre un soutien aux prêts automobiles ou immobiliers et fournit des prêts aux entreprises, et a mis en place un nouveau mécanisme de financement par emprunt à court terme (« papier commercial »), utilisé pour la dernière fois pendant la crise financière de 2008.

Pour protéger la Fed des pertes de crédit sur ces prêts, le Trésor fournira 10 milliards de dollars par le biais du Fonds de stabilisation. Dimanche, il a brutalement abaissé les taux à zéro. La dernière fois que la Fed a abaissé ses taux à un tel niveau était en décembre 2008, elle ne les a relevés que sept ans plus tard. En outre, la Fed, la Banque centrale européenne et les banques centrales japonaises, le Royaume-Uni, le Canada et la Suisse ont tous atténué les conditions dans lesquelles ils échangent des devises afin de garantir un approvisionnement adéquat des marchés et, en fin de compte, l’ensemble du système économique en dollars. L’administration Trump, pour sa part, doit présenter un énorme plan de sauvetage de 850 milliards de dollars au Congrès pour sauver le secteur en récession.

La Chine

La banque centrale chinoise, qui a annoncé fin février des extensions ou des renouvellements de prêts aux entreprises, a annoncé une réduction des ratios de réserves des banques le 13 mars, libérant 550 milliards de yuans (70,6 milliards d’euros) pour soutenir les économies. Ce ratio, qui oblige les banques à détenir des liquidités auprès de la banque centrale, a été réduit d’un demi-point à un point de pourcentage. L’automne dernier date du 6 janvier. Pékin a ensuite réduit son taux de réserves obligatoires d’un demi-point, injectant environ 100 milliards d’euros dans l’économie.

BCE

Contrairement à la Fed, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux inchangés, optant pour une deuxième fois le 12 mars. Les banques voient leurs besoins en capitaux se détendre et les encouragent à continuer de prêter aux PME les plus vulnérables pour éviter une vague de faillite. La BCE renforce également l’achat de dette publique et surtout privée, qui peut cibler les pays et secteurs les plus touchés. Et mardi, il a fourni aux banques plus de 100 milliards d’euros de liquidités. Au total, 110 banques ont retiré 109,1 milliards d’euros de la monnaie de la banque centrale. Cette opération de refinancement, la première des treize prévues à la mi-juin, fait partie d’un ensemble de mesures annoncées cinq jours plus tôt.

Italie

L’Italie, le pays le plus touché par l’épidémie à ce jour dans l’UE, a cassé son cochon et annoncé 25 milliards d’euros pour lutter contre l’épidémie. Rome utilisera son enveloppe pour aider les débiteurs italiens, notamment par la suspension du paiement d’une hypothèque spécifique et la durée des prêts bancaires.

La France

En France, le gouvernement a annoncé des réductions, des reports ou des réductions de coûts pouvant atteindre 32 milliards d’euros rien qu’en mars. Ce qui constitue une part importante des 45 milliards de mobilisation « immédiate », a annoncé mardi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Elle a également largement ouvert un régime de chômage partiel et mis en place un fonds de solidarité d’environ deux milliards d’euros. Les petites entreprises, les très petites entreprises (TPE) et les micro-entrepreneurs en difficulté bénéficieront de la suspension de leurs factures d’eau, de gaz, d’électricité et de loyer, a annoncé lundi Emmanuel Macron.

L’Etat garantira jusqu’à 300 milliards d’euros de prêts accordés par les banques aux entreprises touchées par la crise des coronavirus, et n’a finalement pas exclu de soutenir directement certaines entreprises en intervenant dans leur capital.

Allemagne

L’Allemagne dévoile vendredi le plus grand plan d’aide aux entreprises de son histoire d’après-guerre, contrairement à l’épidémie de coronavirus, avec des prêts « illimités » d’une valeur d’au moins 550 milliards d’euros à partir du 9 mars, elle a annoncé un ensemble de mesures pour soutenir l’économie, y compris les entreprises la difficulté d’utiliser simplement le travail à court terme pour ses salariés, d’octroyer des prêts en cas de difficultés de trésorerie et de débloquer 12,8 milliards d’euros supplémentaires sur quatre ans pour les secteurs du transport, du logement et du numérique notamment. Le gouvernement a également annoncé des mesures d’assouplissement budgétaire, telles que des règles d’amortissement plus favorables.

L’Espagne

L’Etat espagnol garantira jusqu’à 100 milliards d’euros de prêts aux entreprises, a annoncé mardi le Premier ministre Pedro Sanchez. Entre autres mesures, l’État facilitera le recours à des plans de « suspension temporaire » (une forme de chômage partiel qui permet à un salarié de reprendre le travail). Les travailleurs indépendants auront plus facilement accès aux prestations de chômage. 600 millions d’euros seront utilisés pour financer l’aide aux plus démunis: les personnes âgées, les familles ayant besoin d’aide avec des connexions Internet, et M. Sanchez a également annoncé un « moratoire sur le paiement des prêts au logement aux plus démunis ». Au total, « nous mobiliserons jusqu’à 200 milliards d’euros », est convaincu le socialiste.

Le gouvernement a également resserré « les règles sur les investissements étrangers pour empêcher les entreprises non européennes de prendre le contrôle des entreprises stratégiques espagnoles », at-il dit.

Grande-Bretagne

Mardi, le gouvernement britannique s’est engagé à soutenir l’économie « peu importe le coût », annonçant des garanties gouvernementales de 330 milliards de livres sterling pour les prêts aux entreprises et une aide atteignant 20 milliards de livres sterling. Une semaine plus tôt, le même jour, le 11 mars, le Royaume-Uni avait annoncé un soutien budgétaire de 30 milliards de livres sterling, ainsi qu’une baisse conséquente et inattendue (de 0,75% à 0,25%) et la Banque d’Angleterre. En détail, 12 milliards de livres sterling seront une réponse directe aux effets immédiats du coronavirus. Environ 7 milliards aideront les travailleurs indépendants et les PME les plus vulnérables, tandis que 5 milliards soutiendront le système de santé. De plus, il y a 18 milliards d’autres mesures, notamment en direction des services publics ou des infrastructures pour dynamiser l’économie dans son ensemble.

Japon

La Banque du Japon (BoJ) a considérablement renforcé lundi sa politique de rachat d’actifs. L’institution monétaire n’a pas modifié son taux sur les dépôts bancaires auprès d’eux, elle stagne à un niveau négatif (-0,1%) depuis janvier 2016, mais a notamment doublé son plafond annuel de remboursement des fonds convenus sur le marché actions (ETF). 12 000 milliards de yens (101 milliards d’euros) par rapport aux 6 000 milliards de yens précédents. Toujours pour garantir une liquidité abondante, Fight a également annoncé un nouveau programme de prêts à court terme (d’une maturité d’un an) et à taux zéro, valable jusqu’en septembre. Ces prêts seront approuvés en échange de titres de créance de la société en garantie.

Auparavant, le Japon avait débloqué une enveloppe de 13,4 milliards d’euros pour l’octroi de prêts sans intérêt aux PME.

Nouvelle-Zélande, Chili …

La Banque centrale de Nouvelle-Zélande a abaissé lundi son principal taux directeur à 0,25%, alors qu’il était déjà à son plus bas niveau de son histoire, à 1%. Le lendemain, la Nouvelle-Zélande a annoncé un plan de relance de 12,1 milliards de dollars (6,5 milliards d’euros).

La banque centrale sud-coréenne a annoncé lundi avoir abaissé son taux d’intérêt à 0,75%, le chiffre le plus bas. La Banque de Corée (BK) a réduit son taux préférentiel de 50 points de base.

La banque centrale chilienne a abaissé lundi son taux directeur de 75 points de base, le ramenant à 1%. Il s’agit de la plus forte baisse du taux directeur au cours des 11 dernières années.

La Banque centrale nigériane (CBN) a annoncé lundi la création d’un fonds de soutien de 50 milliards de nairas (121 millions d’euros), ainsi que d’autres mesures pour soutenir le secteur de la santé, « aider le crédit au secteur de la santé » ou réduire le taux des prêts individuels qu’elle a approuvé la banque centrale.


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